Incitations à la réflexion par rapport à l’avenir de la Sarre
01.03.07 | Categorie: Généralement
Le Patrimoine Culturel Mondial Völklinger Hütte se transforme en laboratoire d’idées.
La presse nous informe que la nouvelle technique solaire allemande est de plus en plus exportée. Selon les pronostics, le secteur connaîtra en matière d’exportation une hausse de plus de 50 pourcent de son chiffre d’affaires, qui atteindra les 1,5 milliards d’euro en 2007. Il s’agit bien là d’une petite sensation. La Loremo est elle aussi sensationnelle. C’est ainsi que s’appelle ce petit bolide charmant construit par une petite entreprise située à Munich. Il ne consomme qu’un litre et demi pour 100 kilomètres, roule facilement à 160 km/h et ne coûte pas plus de 11 000 Euro.
Qui aurait pensé pouvoir lire ces gros titres il y a quelques années en arrière? Ils prouvent bien une chose : pour concevoir activement l’avenir, il faut du courage et des cerveaux intelligents. 25 de ces cerveaux intelligents se sont réunis mercredi dernier au Patrimoine Culturel Mondial Völklinger Hütte. Lieu de l’événement : la salle des minerais du Patrimoine Culturel Mondial Völklinger Hütte. À cet endroit même de l’ancienne usine sidérurgique où jusqu’en 1986 était stockée une matière première pesant des tonnes, on s’évertue aujourd’hui à révéler un trésor beaucoup moins palpable : des idées et des incitations à la réflexion par rapport à l’avenir de la Sarre.

Ce projet, auquel le Patrimoine Culturel Mondial Völklinger Hütte invite à participer lors de plusieurs rencontres consécutives, est intitulé le Laboratoire d’idées. Le feu vert a été donné début février avec 50 personnes issues des ministères sarrois, et ce début a dépassé de loin les attentes. L’équipe était composée de 25 participants qui « représentent pour nous les aspects de l’économie ». C’est ainsi que s’exprima le directeur Meinrad Maria Grewenig, qui choisit ses mots avec circonspection. Les personnes invitées ne se composaient non seulement d’entrepreneurs et d’indépendants, mais aussi de chômeurs, personnifications de l’envers du processus économique. L’objectif consiste à faire participer des représentants de l’ensemble de la société sarroise, et c’est ce même but que poursuivront les prochains ateliers sur l’avenir. Les participants sont issus des milieux de l’art et de la culture, de l’innovation et de la recherche et d’un environnement que les organisateurs qualifient du terme d’ « école de l’avenir ». Finalement, l’équipe de Völklingen participera à un atelier d’avenir avec la ville de Völklingen.

Les résultats seront divulgués au public à l’occasion du projet « Génie I. Mission : découverte, recherche invention », une exposition qui sera présentée par le Patrimoine Culturel Mondial Völklinger Hütte à partir du 13 mai 2007. L’attrait particulier de ce « Laboratoire d’idées » qui se tient à Völklingen réside dans le fait que chaque groupe de travail aborde le problème posé de manière différente. Seul le point de départ est identique. Car qui ose porter son regard vers l’avant doit débuter sur le terrain accidenté des faits établis. Et il doit être prêt à s’engager dans des sentiers hors du commun. « Nous allons nous concocter un repas formidable », promet dès le début Anja Grothe, professeur à Berlin, aux 25 participants qui l’écoutent attentivement. En collaboration avec son collègue Dr. Matthias Teller, elle fit preuve d’un excellent talent de modération lors du deuxième atelier sur l’avenir à Völklingen. Elle inversa la règle d’or en gastronomie qui consiste à dire qu’un grand nombre de cuisiniers risque de gâter une pâte : plus les cuisiniers seront nombreux, plus le cocktail d’avenir sera meilleur ! L’atelier débuta par un exercice de dessin. Les participants devaient exprimer sous la forme d’un dessin les pensées qui leur venaient à l’esprit par rapport à l’avenir. Nombreux furent ceux qui fixèrent leur feuille blanche, l’air perplexe. « N’avons-nous vraiment pas le droit d’écrire ? » demandèrent-ils déconcertés. La plupart se plièrent à cette règle du jeu et c’est avec engagement qu’ils présentèrent ensuite leurs dessins. L’équipe était en cours de route, le travail pouvait commencer. Quels sont les problèmes en Sarre ? À quoi cela tient-il ? Que doit-on changer ? Telles étaient les questions de départ. À la fin, le panneau d’affichage était rempli de notes. « Nous sommes en présence d’un grand potentiel de changement » constata objectivement Matthias Teller.

Alors que l’équipe se concentra sur ce travail, l’enthousiasme allait en s’accroissant. Il s’agissait, après avoir trouvé les points négatifs, de « distiller » des solutions idéales en laissant libre cours à l’imagination. Les problèmes d’éducation, la défiance envers la politique, la disparition des valeurs, la perte culturelle et le manque de profil à la Sarre en tant que région autonome constituaient des thèmes centraux. En à peine deux heures, les participants transformèrent tous ces aspects négatifs en utopies passionnantes. On parla d’une nouvelle forme de participation des citoyens à la vie politique grâce à des votes hebdomadaires par televoting.

La Sarre fut bientôt perçue comme la région centrale d’Europe, et comme un espace expérimental pour des conceptions de vie différentes du modèle actuel, allant jusqu’à des structures semblables aux kibboutz. Une discussion sur l’éducation aboutit aux grandes lignes d’un système de mentors qui fonctionnerait depuis la maternelle jusqu’à l’université. Une autre proposition fut la création d’un « super-ministère » de la culture. Un groupe de travail particulièrement inventif présenta ses résultats dans le cadre d’un « talkshow » et annonça dans le style journalistique : « La Sarre a décidé de congédier son gouvernement et d’être dirigée à la manière d’une société anonyme ». Seulement des idées en l’air ? Tout comme le véhicule à 1,5 litres ou la technique solaire allemande en plein boom ? Les utopies sont indispensables parce qu’elles indiquent la direction à prendre. Viennent ensuite assez de tentatives différentes pour leur mise en œuvre graduelle. Concernant l’énergie solaire par exemple, la Sarre a déjà aujourd’hui beaucoup à offrir justement. La centrale solaire près de l’aéroport de Sarrebruck par exemple, qui compte parmi les plus grandes de son genre en Allemagne, en constitue un exemple frappant.

Prenant ce fait comme point de départ, l’équipe du laboratoire d’idées de Völklingen pensa à la création d’une piste d’essai pour véhicules solaires le long de la rivière de la Sarre. La responsabilité du projet incomberait au Ministère de l’Économie de la Sarre. Les pronostics pour la durée de mise en oeuvre de ce projet : deux ans. Les participants n’hésitèrent pas à montrer de la bonne volonté à réaliser les essais pratiques nécessaires à leurs idées. Ainsi ils testèrent à la fin plusieurs conceptions par rapport à leur potentiel de réalisation . La « Sarre, SA » ne fit pas partie de cette série de tests. Pour les référendums réguliers par televoting par contre, les participants imaginaient leur lancement déjà pour l’année prochaine, du moins au niveau communal. Comme potentielle autorité compétente a été proposé le « statistisches Landesamt » (office de statistique de Sarre). À la fin, certains participants auraient préféré avoir des résultats plus concluants – ils auraient aimé tirer davantage de ce travail. D’autres se demandaient pourquoi la Sarre, en présence d’autant d’idées débordantes et de potentiels pareils, ne se trouvait pas déjà en meilleur point. Ces deux types de réaction sont l’expression du même enthousiasme. Le laboratoire des idées de Völklingen est, semble-t-il, sur la bonne voie. Le fait d’avoir pu déjà produire des résultats concrets est un immense succès. Sa véritable valeur cependant réside dans le simple fait qu’il existe : une plateforme sociale de discussion sur l’avenir de la Sarre qui permettra de nourrir ce même avenir – où a-t-on déjà vu cela ? (Lorenz Töpperwien)
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